La caméra d'animation - Texte 2
Il est en revanche possible d’interroger le fonctionnement de ces « caméras d’animation » à partir d’un cas spécifique, celui d’Émile Cohl, en France. En vue de réaliser ses premiers dessins animés (Fantasmagorie, 1908; Un drame chez les Fantoche, Le cauchemar du Fantoche, 1909), Cohl modifie en effet un Cinématographe Lumière, lui permettant d’enregistrer ses dessins image par image. Le principe, dépeint dans des notes prises par le cinéaste (le procédé n’a pas été breveté), permet d’impressionner deux photogrammes à chaque tour de manivelle (Fantasmagorie est par exemple constitué de 700 dessins photographiés deux fois, c’est-à-dire de 1400 photogrammes au total). Un tambour (cylindre présent sur les schémas) entraîné par un ressort transfère son mouvement de rotation, chaque fois identique, à un arbre d’entraînement qui remplace la manivelle de la caméra. Ce faisant, Cohl obtient un « tour de manivelle » fait en une seconde et demie (avec un arrêt à l’issue de chaque tour), là où la vitesse optimale de captation cinématographique pour une vue traditionnelle est de deux tours par seconde environ. Ce dispositif divise donc par trois le nombre de photogrammes par tour de manivelle (originellement sept ou huit par tour) pour aboutir à peu près à deux photogrammes par tour, soit un dessin photographié deux fois à chaque révolution.
