Histoire de la stéréoscopie au cinéma - Texte 3
Pendant cette période, la plupart des films 3D sont diffusés en couleurs, donc avec un système polarisé, mais il reste encore des diffusions anaglyphiques pour des films en noir et blanc. Une des plus grandes réussites (technique, esthétique, commerciale) est le film d’horreu, L’homme au masque de cire (André de Toth, Warner, 1953). Des films sortent en 3D dans tous les genres ou presque : western (Hondo de John Farrow avec John Wayne et L’arène de Richard Fleischer, MGM, 1953), comédie musicale (Miss Sadie Thomson de Curtis Bernhardt avec Rita Hayworth et Kiss Me Kate de George Sidney, 1953), fantastique (Creature from the Black Lagoon/L’étrange créature du lac noir, Jack Arnold, 1954[4]), science-fiction (Le météore de la nuit, Jack Arnold, Universal, 1953), film d’aventures (Sangaree de Edward Ludwig, Paramount, 1953)… Quand Hitchcock tourne, en 1954, un thriller en stéréoscopie, Le crime était presque parfait, la vague 3D est en train de retomber. Le film n’est quasiment pas distribué en 3D. Pourtant, Hitchcock avait prévu une mise en scène bien spécifique utilisant la fenêtre stéréoscopique : dans de nombreuses séquences, les éléments au premier plan se détachent nettement. Pour la séquence où le meurtre doit être déclenché par un coup de fil, un gigantesque téléphone a été construit, de même qu’un faux doigt. En 1954, il n’était pas possible de faire un gros plan avec le système des doubles caméras.
