Histoire de la stéréoscopie au cinéma - Texte 2
Pendant les années 1940, on trouve des brevets isolés comme ceux du Français François Savoye (pour le Cyclo-stéréoscope qui fonctionna au Clichy Palace en 1953-1954). On trouve également une production un peu plus développée de films « auto-stéréoscopiques » (ou en relief perçu sans lunettes). Ils sont produits par des Soviétiques, et le témoignage du cinéaste Sergueï Eisenstein montre qu’il est enchanté du procédé.
De 1951 aux années 1990 : « boom 3D », puis cinéma de niche
En 1951, la foire de Londres qui était destinée à rendre hommage aux inventions britanniques (South Bank Exhibition) installe une salle destinée à la projection de films stéréophoniques, en couleurs et en relief. Pendant toute l’année, des centaines de milliers de spectateurs admirent ces films stéréoscopiques avec système polaroïd, et Norman McLaren invente à cette occasion d’amusants films d’animation. Ce procédé en relief fonctionne assez bien pour relancer des brevets. Un système proche, Natural Vision, est utilisé par un producteur et réalisateur américain, Arch Oboler. Ce dernier sort en 1952 un film à petit budget : Bwana Devil. L’illustration suivante explique les caractéristiques du procédé Natural Vision utilisé pour Bwana Devil. Ce film d’aventures africaines est tellement rentable que les grands studios américains se mettent également à produire des films en relief. La concurrence de la télévision se fait vraiment sentir à cette date, et la télévision en couleurs commence déjà à être diffusée en 1953 aux États-Unis. Tous les studios s’y mettent, et cette « vague 3D » (selon la description qu’en font les journaux de l’époque[3]) dure jusque vers 1955.
