Coller - Texte 1

Coller deux bouts de pellicule est le geste à la base même du montage cinématographique. Il précède en effet le geste de couper, puisque les premières « coupes » dans la bande survenaient de façon toute accidentelle : sous l’effet des tensions qu’elle subissait dans les dispositifs de développement, de tirage et de projection, la pellicule en venait souvent à se déchirer ou à casser. D’où la nécessité de recourir au geste de coller afin de procéder à des réparations sur des bandes que l’on devait raccommoder, en recollant les bouts disloqués. Le geste de couper n’est cependant jamais très loin derrière celui de coller, puisque pareille opération de collage peut supposer la suppression de photogrammes affectés par la rupture.

Jusque dans les années 1920, cette opération était souvent faite « à la main », au moyen de ciseaux, d’une colle spécifique (l’acétate d’amyle, qui dissout le celluloïd et permet de procéder à une soudure autogène) et d’un pinceau. Vu la fréquence de ces opérations de raccommodage, les fabricants ont rapidement conçu des outils fort simples, destinés à faciliter les opérations. Ainsi du film repairer (le réparateur de film) – aussi identifié comme film mender (ou raccommodeur de film) – que Siegmund Lubin a mis sur le marché dès 1898 et qui permettait d’effectuer des raccommodages rigoureux, assortis d’une collure susceptible de résister à de multiples projections.

Identifiant

ark:/17444/01030g/6554

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