Supports et mouvements d'appareil - Texte 1A
L’invention du cinéma suit de peu la mise en marché des premiers appareils photographiques permettant aux amateurs de prendre des instantanés librement, c’est-à-dire sans faire usage d’un trépied. Le plus grand poids des appareils de prise de vues cinématographiques, de même que l’usage de la manivelle comme source d’entraînement de la pellicule, oblige toutefois les premiers cinéastes à poser leur appareil sur un support. Le Cinématographe Lumière vient ainsi équipé d’un « pied à trois branches pour soutenir l’appareil[1] ». Les dispositifs utilisés dans les premières années des vues animées ressemblent à ceux utilisés par les photographes professionnels : la caméra est simplement fixée à un trépied pouvant être mis à niveau, mais n’ayant par ailleurs pas été conçu pour permettre les panoramiques horizontaux ou verticaux.
Les opérateurs de prises de vues animées prennent toutefois assez rapidement conscience du fait que la cinématographie a un potentiel et des besoins assez différents de ceux de la photographie. On découvre par exemple très tôt la fascination exercée par les panoramas captés par une caméra qui est elle-même en mouvement. Un genre naît, celui des phantom rides produites à l’aide de caméras posées sur toutes sortes de véhicules se déplaçant dans l’espace : trains, tramways, gondoles, etc.